suiteY a la roue qui se detache !...
Musique a tue-tete , nous avons retrouve l'unique bus qui dessert le village dans la journee. En route pour Manigango ...Nous sinuons au rythme des hauts cols , a plus de 5000 metres .Les pics enneiges toisent le ciel , s'elevent comme des citadelles sculptees dans la roche ... jeu sensuel avec les nuages ...Les hauts plateaux se sont changes en aretes minerales . La tete me tourne , le souffle court ."-Tiens , j' entends un drole de bruit ..." , me dit Fred ." Ca fait comme un couinement repetitif..." Il passe la tete par la fenetre et apercoit les quatre boulons de la roue , juste sous lui , devisses et prets a partir. Il court vers le chauffeur et ,par les signes , essaie de lui faire comprendre la situation . Le chauffeur rigole , hesite , se demande ce que l' energumene lui raconte . Devant l ' insistance de Fred , il finit par stopper . Tout le monde descend ! Eh bien oui , la roue se barre , a 5000 metres d' altitude , sur une route verglacee , pres d' un ravin a la bouche gargantuesque !! Ca fait bien rire la petite equipee ! La notion du danger est somme toute fort relative...On amene les outils pour resserer fortement les boulons. Merci Fred ! Ton oreille musicale nous a sauves ! Reste attentif a la suite ...
Manigango ...
En effet , des bandes de flics Chinois viennent manger chaque jour et nous mettent plutot mal-a-l' aise , meme si leurs comportements restent corrects . Puis , des Tibetains insistent a nous vendre leurs propre bijoux , degraffant les colliers de leur cou . Un homme ivre nous demande des sous , puis se bat avec un autre , accuse de vol . Decidement , l ' ambiance ne colle pas a l' energie Tibetaine habituelle , si calme et sereine . Parfois , c' est aussi juste une question de circonstances ...Mais on prefera s' echapper dans la montagne , et dialoguer avec les yaks plutot qu ' avec les flics Chinois !
Pour rejoindre Dege , il nous faut passer un tres haut col , a 5500 metres . La route est inscrite dans le guide comme l 'une des plus dangereuses du monde . Bon , nous voila avertis ! Mais nous n' avons pas d' autres voies de passage ...Le bus est plein ( que de Chinois ) , alors on se rabat sur les mini-vans . Apres un passage au garage : les roues sont degonflees ,ca commence bien ! , on attend deux heures , le temps que le col soit ouvert pour notre file .Enfin , ;le passage commence . Nous avons acheter un enorme paquet de petits papiers a priere , que les Tibetains jettent au point culminant , en offrande aux esprits de la montagne .(Ca peut toujours servir !)On est assis a cote d' un homme au sourire radieux .Devant : une femme et un moine qui entame des " Om mani pedme um ..."Le chauffeur est jeune. On comprend tout de suite qu 'il roule comme un dingue : a fond la caisse dans les descentes , a 3 a l'heure dans les montees , doublant a moitie dans le precipice et roulant carrement sur le bas cote , comme attire par une force mysterieuse vers le vide !! La route est eneigee et verglacee , caillouteuse , etroite et s' elance comme un serpent glissant dans un vide total : pas un arbre au bord de la route : Rien : le VIDE !!
Dege et sa route infernale
Manigango est un petit bled a la lisiere du Tibet officiel . Son architecture denote une forte ambiance western : rue unique aux maisons en rondins de bois colores , melanges a la terre et aux toits plats . Comme toujours , l' allee est bordee de billards . Le village est a plus de 4000 metres , domine par le plus haut pic de la region . L' endroit est tres beau . L' ambiance du village est par contre moins chaleureuse , toute activite centree sur le passage des camions. Nous trouvons notre premier hotel : " Autorised for foreigners " , panneau surmonte d' une grille metallique , comme une geole . Un jeune Tibetain nous accueille de suite : " Welcome , welcome...", mais son attitude est celle d' un enfant gate qui semble heureux de la presence policiere dans son etablissement .
Encore en bas , j ' apercois un minuscule point a flanc de montagne , tres haut , qui semble bouger . -" Eh , regarde Fred , je crois qu 'on va aller la-haut! -C ' est ca , arrete de deconner ! " Je demande confirmation a mon voisin : "oui ,oui ..." Bon ...Au fur et a mesure que l' on monte en altitude , la peur nous gagne .Le chauffeur s' amuse ,rit de nous , passe comme un fou pres du ravin enneige dont on n' arrive meme plus a distinguer le fond. Finalement , on devient totalement tetanises par la peur , pris d'un immense vertge , avec la sensation que le vehicule va basculer a tout moment dans l' immense Beance de la montagne , bouche menacante.Fred s' enerve :" Doucement , ca va pas , ou quoi ! Arrete toi , on descend ! "Je recite des " Om mani pedme um " instinctifs , cramponnes au siege .Tout le monde rit . Les passagers nous rassurent : " no problem " et grands sourires...Mais le vertige nous absorbe entiers , on veut descendre , merde !
A ce moment , plus rien ne compte , l' adrenaline s' empare de tout , les emotions sont devastees , seule la survie reste en jeu . Meme si je fume plus , je fonce direct m' acheter une clope si on s'en sort vivants ! ( Chose que j' ai fait aussitot : delicieux !! ) .La route n' en finit plus de monter , le ravin de s' agrandir , le verglas de se faire sentir...On restera plus de deux heures comme ca , en guelant sur le chauffeur , le souffle en suspens ...Finalement , on arrive au col et l' on jette notre cargaison de papiers a prieres , accompagnes des rires des Tibetains .( C ' est nous qui en avons prevus le plus ! )Puis on redescend , et finalemt , apres trois heures de route infernale , on se retrouve sur du plat , traversant de tres belles gorges bordees de sapins (premiers arbres apercus depuis longtemps ...)On comprend le guide maintenant ( faut dire aussi : le chauffeur y est pour beaucoup !! )...A present , on cherit la terrre ferme et on remercie la Montagne de nous avoir laisses la traverser...
il est cinglé
-"Boum , boum , boum ! " : 7 heures du mat , techno a tue-tete dans ce village du bout du monde : les femmes vetues de turquoise et de robes traditionnelllesfont le menage et partent en transe !! Ouah , quel reveil!On emerge la tete de nos sacs , encore engourdis par une nuit glaciale .C'est ca , la mondialisation , de la techno au reveil dans les hauts plateaux Tibetains ?! Le rythme est assourdissant ...mais ne dure qu ' une heure , finalement , rien ne vaut les chants tibetains ! ...
Serxu est un village pose sur un plateau desertique , le regne des yaks. Encore une fois , le bouddhisme est intense .Malgre la neige , les gens , meme les plus ages , continuent leur chemin de pelerinage autour du temple. Ici , pas de Chinois , pour la premiere fois...Trop rude ...Un moine nous invite chez lui , jolie maison aux beaux meubles de bois. Il allume un petit Bouddha qui clignote , et qui entame un " Om mani pedme um "enregistre.En plus , il a le sens de l' humour ! Puis une autre famille nous accueille et nous offre des gros morceaux de yaks seches tandis qu'on partage les photos familiales...Toujours cette meme generosite...
cliquer video
En ces hauts plateaux , les nomades se sont rapproches du village pour l ' hiver. Les moines passent a cheval dans leurs robes cramoisies , vont chercher l' eau aux puits. Les gens circulent sur des motoculteurs amenages en taxis de montagne ...Des yaks sont atteles...Ambiance insolite ...profondement Tibetaine... Il se met a neiger et nous nous refugions dans la gargotte du coin , pres du poele a trois etages , costaud et chaleureux . On se sent bien , ici ,comme si le temps murmurait le silence de la montagne , comme si les moulins a prieres laissaient s' echapper les bribes d'une conversation avec l' espace ...La neige a pose son manteau delicat ...
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